Le président russe, Vladimir Poutine, s'est rendu pour la première fois, jeudi, dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite jugée "absolument inacceptable" par le Japon, qui revendique également cet archipel. Le ministre japonais des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de Russie à Tokyo pour "protester fermement" contre cette visite.
Vladimir Poutine en visite dans les îles Kouriles disputées par la Russie et le Japon. Le président russe s'est rendu pour la première fois, jeudi 13 août, dans ces îles en Extrême-Orient, une visite jugée "absolument inacceptable" par Tokyo.
Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de ces îles, considérées par le Japon comme occupées par l'Union soviétique depuis 1945.
C'est la première visite d'un président russe sur le territoire depuis celle en 2010 de Dmitri Medvedev, qui était alors le premier dirigeant russe à s'y rendre, suscitant la colère de Tokyo. Il y était retourné en 2019 comme Premier ministre.
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Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi, où il a visité un hôpital, Vladimir Poutine s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par le Kremlin. Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école.
À Sakhaline, Vladimir Poutine avait présidé une réunion "sur la garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie", selon l'agence de presse RIA Novosti.
"Cette visite a rendu plus difficile l'amélioration des relations"
Tokyo a vivement réagi : "Cette visite (...) heurte les sentiments du peuple japonais, elle est absolument inacceptable (...) Nous protestons vigoureusement", a déclaré la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi.
Elle a rappelé que Tokyo avait exhorté Moscou à ne pas organiser de visite présidentielle dans la région. "Cette visite a encore exacerbé le ressentiment de l'opinion publique japonaise à l'égard de la Russie et rendu plus difficile l'amélioration des relations", déjà mises à mal par la guerre en Ukraine, a ajouté Sanae Takaichi.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a convoqué l'ambassadeur russe au Japon, Nikolai Nozdrev, pour lui signifier ses "vives protestations" et assurer que le déplacement de Vladimir Poutine aurait "un impact extrêmement négatif sur les relations Japon-Russie", selon un communiqué.
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Après l'offensive russe en Ukraine en février 2022, le Japon avait durci le ton et considéré, pour la première fois depuis 2003, que les îles Kouriles, au nord de l'archipel, étaient "occupées illégalement" par la Russie. Depuis 2003, la diplomatie nippone évitait de parler d'occupation.
"Les Territoires du Nord constituent une partie inhérente du territoire du Japon, tant sur le plan historique qu'au regard du droit international", a insisté jeudi Toshimitsu Motegi, utilisant l'appellation japonaise des îles.
Rapprochement de Moscou avec la Chine et la Corée du Nord
"Le Japon a identifié la Russie comme l'une des principales sources de menace. Je tiens à souligner que nous ne menaçons pas le Japon (...) Au contraire, c'est lui qui a des revendications territoriales contre notre pays", a déclaré Vladimir Poutine mercredi.
La Russie et la Chine se sont récemment rapprochées, leurs marines et leurs forces aériennes menant des exercices conjoints dans des zones proches du Japon, ce qui conduit les avions japonais à décoller en alerte des centaines de fois par an.
De son côté, la Corée du Nord, qui a qualifié ce mois-ci le renforcement militaire du Japon de "transformation en État de guerre", a également envoyé des troupes et des obus d'artillerie pour soutenir l'effort de guerre russe en Ukraine.
Début août, le Japon a souligné à nouveau les risques croissants représentés par ces trois pays dans son dernier livre blanc de la défense.
L'Union soviétique avait pris possession de l'archipel volcanique stratégique des Kouriles situé au nord de l'île nippone d'Hokkaido dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale et y maintient depuis lors une présence militaire.
Environ 20 000 citoyens russes vivent sur ces îles au climat rigoureux mais qui possèdent des gisements minéraux, notamment d'or et d'argent, ainsi que des zones de pêche riches. Après l'occupation des îles en 1945, Moscou a expulsé leur population japonaise d'environ 17 000 personnes.
Avec AFP