Get all your news in one place.
100's of premium titles.
One app.
Start reading
France 24 (Français)
France 24 (Français)
World
FRANCE 24

L'Espagne riposte face à Rome en imposant des contrôles aux frontières aux voyageurs venant d'Italie

Image de couverture : Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, lors d'une conférence de presse à son ministère, à Madrid, le 4 août 2026. © Susana Vera, Reuters

L'Espagne a décidé vendredi d'instaurer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d'Italie. Madrid avait prévenu que de telles mesures de rétorsion seraient prises si Rome ne levait pas la suspension de l'accord de libre circulation de Schengen instaurée à la suite de l'afflux massif de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta.

L'Espagne va instaurer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d'Italie, en réponse aux mesures similaires imposées par Rome après l'afflux massif de migrants à Ceuta, a annoncé vendredi 7 août le ministère de l'Intérieur.

Ces contrôles débuteront samedi à 0 h (vendredi à 22 h GMT) et dureront jusqu'au 7 septembre, a précisé le ministère.

Cette rare brouille entre deux alliés de l'UE et de l'Otan intervient après que 72 000 migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc vers le territoire espagnol de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière, lors d'un mouvement d'une ampleur sans précédent.

Des scènes vivement critiquées par d'autres pays de l'UE partisans d'une ligne dure sur l'immigration irrégulière et la protection des frontières extérieures du bloc, parmi lesquels l'Italie de la Première ministre d'extrême droite Giorgia Meloni.

Le gouvernement italien a assuré vendredi n'avoir "en aucun cas l'intention de revenir sur la décision de suspendre l'application de l'accord de Schengen (de libre circulation des personnes, NDLR) aux ressortissants de pays tiers en provenance d'Espagne, au moins jusqu'au 15 août".

Le gouvernement espagnol a de nouveau fustigé cette mesure italienne qu'il a qualifiée "d'inéquitable, contraire aux intérêts de l'UE et discriminatoire pour la population espagnole".

À (re)lire aussiPolitique migratoire : la crise de Ceuta ravive les divisions européennes

Selon les médias locaux, la police espagnole surveille les rumeurs circulant sur Internet et les messages publiés sur les réseaux sociaux concernant d'éventuelles nouvelles arrivées de migrants à Ceuta, enclave espagnole sur la côte africaine, à la frontière avec le Maroc.

Toutefois, les autorités n'ont pas explicitement indiqué qu'elles s'attendaient à une répétition de l'afflux observé la semaine dernière.

"Conflits stériles"

La suspension par l'Italie de l'accord de Schengen avec l'Espagne, annoncée le 31 juillet, est une "mesure extraordinaire" destinée à "sauvegarder la sécurité nationale et prévenir de possibles répercussions pour notre pays", avait déclaré Giorgia Meloni.

"Ce n'est que lorsqu'on aura la certitude qu'il n'y aura aucun risque en matière de sécurité et de terrorisme pour l'Italie (...) qu'il sera possible de revoir ce qui a déjà été décidé", selon ses services, qui qualifient cependant l'Espagne de "pays ami".

Giorgia Meloni fait partie des dirigeants européens qui ont réclamé la suspension de l'Espagne de l'espace Schengen après la crise de Ceuta, bien qu'une telle décision soit légalement impossible.

Le gouvernement espagnol a mis en garde contre "la création de fractures et de conflits stériles dictés par des motivations électorales internes" et a déclaré avoir "confiance dans le fait que le sentiment proeuropéen, le bon sens et la bonne foi prévaudront".

Sur les 72 000 migrants arrivés à Ceuta, 70 000 sont retournés au Maroc, selon les chiffres officiels espagnols.

À (re)voir aussiDrame de Ceuta : "Les projectiles humains de Mohammed VI"

Mais ceux qui restent – parmi lesquels des centaines d'enfants non accompagnés – sont confrontés à des conditions de vie désastreuses, avec un accès très limité à la nourriture, à l'eau, à des abris et des installations sanitaires.

Des associations marocaines de défense des droits humains ont estimé vendredi qu'au moins 141 personnes avaient péri la semaine passée en cherchant à rejoindre Ceuta, un bilan qui risque encore de s'alourdir.

L'Italie voit également arriver de nombreux migrants qui traversent la Méditerranée centrale depuis l'Afrique du Nord – la route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l'Organisation internationale pour les migrations.

Avec AFP

Sign up to read this article
Read news from 100's of titles, curated specifically for you.
Already a member? Sign in here
Related Stories
Top stories on inkl right now
One subscription that gives you access to news from hundreds of sites
Already a member? Sign in here
Our Picks
Fourteen days free
Download the app
One app. One membership.
100+ trusted global sources.