En Inde, une nouvelle manifestation étudiante a dégénéré ce lundi 10 août 2026 à Ranchi, dans l’État du Jharkhand, dans l’est du pays. Des milliers de jeunes protestent depuis près de trois semaines contre les fraudes aux concours de recrutement de la fonction publique. Ce mouvement intervient après celui des « cafards » à Delhi. Si la contestation des « cafards » visait le pouvoir fédéral de Narendra Modi, c'est le gouvernement local qui est mis en cause à Ranchi.
Avec notre correspondant à New Delhi, Abdoolah Earally
Canons à eau, gaz lacrymogènes, et charges de matraques… À Ranchi, capitale de l'État du Jharkhand, dans l'est de l'Inde, la marche vers le Parlement a basculé dans la violence.
Sur les réseaux sociaux, l'image d'une étudiante, seule face aux boucliers de la police, secoue le pays. « Vous nous opprimez. Mais vous ne pouvez pas opprimer les étudiants », déclare-t-elle. « Je veux la justice », réclame encore la jeune fille, avant de s'effondrer au sol sous les yeux de policiers désemparés. « Appelez un docteur ! », lance alors un homme.
Malgré 500 arrestations, la mobilisation se poursuit.
Cette colère générationnelle s'élève contre la fraude aux examens nationaux. Si, à Delhi, la contestation des « cafards » visait le pouvoir fédéral de Narendra Modi, ici, elle ébranle une coalition locale qui inclut le parti du Congrès.
Embarrassé, son leader et chef de l’opposition, Rahul Gandhi, a dû réagir. « Tant que la manifestation est pacifique, je m'oppose à toute réponse violente », a-t-il indiqué.
Malgré près de 500 arrestations, le mouvement persiste. Les étudiants souhaitent, à terme, obtenir des enquêtes et assainir les concours de recrutement dans la fonction publique dans le Jharkhand.