Après une mobilisation historique, le mouvement citoyen des « cafards » dévoile la suite de son projet. Né sur les réseaux sociaux avant de descendre dans la rue zn Inde, ce collectif de la Gen Z a fait plier le gouvernement de Narendra Modi. Après avoir obtenu la démission du ministre de l'Éducation dans la foulée du scandale des fraudes aux examens nationaux, le « parti des cafards » veut rester un groupe de pression. Son objectif est de remettre l'école publique au cœur du débat et partir à la rencontre de la jeunesse indienne.
Avec notre correspondant à New Delhi, Abdoolah Earally
Debout devant la presse, en t-shirts et chemises froissées, les animateurs du « parti des cafards » affichent le style de leur génération.
Leur fondateur, Abhijeet Dipke, inscrit, pourtant, le mouvement dans l'héritage des grandes figures de l'Inde contemporaine : « La justice sociale du docteur Ambedkar, la paix et la non-violence de Mahatma Gandhi, et le rêve d’une Inde moderne de Jawaharlal Nehru. Notre idéologie est celle de la Constitution indienne. »
Leur cible désormais : la fermeture massive des écoles publiques. L’État invoque la rationalisation. Eux dénoncent un recul du droit à l’éducation. « 94 000 écoles publiques ont été fermées en 10 ans. On aurait pu les rénover, mais le gouvernement a préféré les condamner. L’éducation n'est pas un business, c’est un droit fondamental. »
La démission du ministre de l’Éducation a consacré une première victoire. Pour les « cafards », cependant, le véritable acquis est ailleurs : « Le plus grand accomplissement de ce mouvement, c'est d'avoir brisé la peur dans l'esprit des gens. Cette jeunesse a rendu sa voix au pays. Elle lui a redonné le courage de questionner le pouvoir et d’exiger des réponses. »
Le réveil gagne d’autres États. Dans le Jharkhand, région minière de l’Est de l’Inde, des milliers d’étudiants manifestent jour et nuit contre des recrutements publics entachés de fraudes.
Le « parti des cafards » entend prolonger cet élan par une tournée nationale à la rencontre de la jeunesse indienne, baptisée « Kya Bolti Public », c'est-à-dire « Qu'en dit le peuple ».